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Posted by on Juil 14, 2021 in Sentir/Goûter | 0 comments

Marie-Hélène Rogeon, une vie dédiée aux roses

Marie-Hélène Rogeon, une vie dédiée aux roses

 

Quelle rose n’a pas séduite Marie-Hélène Rogeon, la fondatrice des Parfums de Rosine ? A mon humble avis…peu. Une  vie dédiée aux roses, c’est ce qu’elle fera pour les Parfums de Rosine avec la rose, comme dénominateur commun. Nous sommes dans les années 90. Passionnée, vraie, fidèle à elle-même, curieuse et d’un dynamisme à toute épreuve, Marie-Hélène, s’en est allée rejoindre la rose du Petit Prince…. Déboussolé et sous le choc, les parfumeurs qu’elle aimait tant, ont gentiment accepté de témoigner. Enfin, mes pensées vont à sa famille et Louis, son fils qui va continuer la belle aventure de sa mère.

 

Marie-Hélène Rogeon, une femme de coeur et authentique

Une femme ouverte et habitée

Pour toute sa team de parfumeurs, Marie-Hélène Rogeon avait une vision claire des parfums qu’elle voulait. De fait, il s’est établi entre eux, tant une relation de confiance, qu’une écoute respectueuse avec un respect mutuel. Pour Delphine Lebeau, parfumeur IFF, “Au-delà de la création de parfum, c’était une merveilleuse aventure humaine.” En effet, Marie-Hélène attachait une grande importance aux relations humaines. C’est ainsi qu’à l’étranger, elle était très proche de Yazuko Yoshioka, son agent japonais et Renata De Rossi et Giovanni Gaidano, les fondateurs d’Olfactorio, son agent Italien. Enfin, Joëlle Lerioux, fondatrice du Parfumeur Français dira “Nous étions sur la même longueur d’onde, une amitié et une confiance mutuelle que je n’oublierai jamais.” Elle me confiera aussi que Marie-Hélène lui avait appris à rester fidèle à son écriture olfactive, et à ses convictions. Une ligne de conduite qu’elle a appliquée pour elle, tout au long de cette vie dédiée aux roses.

 

 

Tous sont unanimes, pour dire qu’elle était habitée par le parfum, et surtout qu’elle sentait bien, aux vus de leurs échanges  justes et fondés. Par ailleurs, elle était issue d’une famille de parfumeurs : c’est Louis Panafieu, son arrière-grand-père, qui créa des eaux de Cologne pour l’Empereur Napoléon III, et la fameuse Pommade des Mousquetaires, un baume destiné à fixer les moustaches laquées ! Puis, comme me souligne son fils Louis, “elle avait grandi, entourée de parfums Poiret, sa grand-mère ayant une très belle collection, et se passionnant pour le flaconnage et la passementerie.”

Revenons aux parfums, Marie-Hélène savait ce qu’elle voulait très précisément. “Une attitude qui ne l’empêchait pas d’écouter d’autres pistes, et elle se laissait embarquer dans un autre parti pris. S’il correspondait à l’intention qu’elle avait imaginée, alors on y allait ! Sinon elle mettait l’idée de côté… comme ce fût le cas avec Rose Griotte, son dernier parfum avec Nicolas Bonneville. En un mot, elle ne s’interdisait rien” me raconte Nicolas Bonneville, parfumeur chez Firmenich.

Une vie dédiée aux roses

 

Et François Robert, parfumeur et fondateur de Quintessence, “Elle aimait sentir, était exigeante et suivait les parfums très rigoureusement. A cet effet, ses critiques n’étaient pas superficielles et souvent justes, ce qui ne l’empêchait pas d’être ouverte aux critiques.”

 

Un esprit libre et moderne

Au moment où Marie-Hélène entendra relancer les Parfums de Rosine, peu de femmes sont alors parfumeurs, et à la tête  d’une marque de parfum. En fait, elle figure parmi les pionnières, tout comme l’a été Patricia de Nicolaï, en créant sa propre marque de parfum en 1989. Elles feront partie des femmes précurseurs des marques de parfums rares, avec Annick Goutal (1981).

Tout au long de sa vie de femme d’entrepreneur, elle saura rester fidèle à elle-même et à ses valeurs. Rien ne l’arrêtera, car Marie-Hélène était toujours dynamique, pleine d’énergie et positive. On retiendra d’elle, l’image d’une femme élégante, toujours habillée d’une robe plissée avec son rouge à lèvres assorti ! me feront remarquer Nicolas et François. Et, pour Rémi Ricord, elle était la meilleure vendeuse des Parfums de Rosine !

En effet, avec audace et sans rien se refuser, elle n’a pas hésité à lancer sa “Rose pour Homme”, alors que cette fleur était portée par des hommes dans les pays du Moyen Orient. Un accord rose, vanille et bois, de François Robert, qui d’ailleurs vient de le retravailler, pour le moderniser.

 

 

 

De la même façon, quand la marque a décidé d’aborder des roses figuratives sur les conseils de Rémi Ricord, Marie-Hélène imaginera une rose givrée. “Un brief pour le moins provoquant, inattendu et décalé” me dira Nicolas. Mais pour lui comme pour François, ils me raconteront avec émotion, la semaine qu’ils ont passée au Japon, avec Marie-Hélène. Le premier fût étonné de sa capacité d’adaptation, à jouer le jeu sur le stand du salon Isetan, pour la présentation de Rose Givrée. Tandis que François gardera en mémoire la découverte de roses et de pivoines dans les jardins japonais de Tokyo. En fait pour eux, Marie-Hélène était à l’image du Japon, dans le respect de la tradition et des savoir-faire tout autant dans la modernité que dans son temps. D’ailleurs, elle a très bien su confier à son fils, tant l’évolution du flacon iconique que la nouvelle collection “Les Extravagantes”, une ouverture qui permettait d’explorer et ouvrir vers d’autres territoires, en lien avec la nature et le végétal, comme me le dira Delphine Lebeau.

 

Une vie dédiée aux roses

Une vie dédiée aux roses

 

Parfums de Rosine, des créations dédiées aux roses

C’est en 1987, que Marie-Hélène Rogeon, décida de relancer les Parfums de Rosine, qui ne sont autres que les parfums de Paul Poiret. Mis en compétition comme à son habitude, ce sera François Robert, parfumeur à l’époque chez Dragocco, qui sera retenu. Cette collaboration de 15 ans, venait tout juste de reprendre pour le relancement de la Rose pour Homme. Ensemble, ils ont relancé La Rose de Rosine, Mea Culpa, l’Arlequin, Le Fruit Défendu….. mais très rapidement Marie-Hélène se rendra compte que l’aventure des Parfums de Rosine devait se poursuivre avec la Rose, comme fil conducteur. Une évidence, car elle était au coeur des Parfums de Rosine de l’époque de Paul Poiret, et de l’emblème dessiné par Paul Iribe. Nous sommes en 1991.

Aujourd’hui, les Parfums de Rosine, comptent une trentaine de parfums, répartis en 7 collections (Les Classiques, La Collection Ballerine, Les Extravagants, Les Incontournables, Les Roses, Rosine for Lesnob et les Soliflores). Des parfums que l’on retrouve dans la boutique du Palais Royal, un jardin cher à son coeur.

A la question : “quelles sont vos créations préférées ?” Marie-Hèlène répondait, “La Rose de Rosine”, la toute première création refaite avec François Robert. Puis, viendra  “Roseberry”, un parfum réalisé par Pierre Bourdon. Mais, elle avouait sans détour, qu’elle avait une admiration pour “Une Tonne de Roses”, un parfum de Michel Almairac pour sa propre marque de parfum Parlez Moi de Parfum.

 

La roseraie de Marie-Hélène Rogeon

Ce n’est ni un scoop ni une indiscrétion, Marie-Hélène aimait passionnément la rose. D’ailleurs, elle s’est constituée une collection de roses, parmi d’autres fleurs dans son jardin de Picardie. Comme me le confiait son fils Louis, beaucoup de ses inspirations sont nées de promenade dans ce jardin. Un travail que Monsieur Rogeon, père, a bien l’intention de continuer !….

D’autre part, ce n’est pas un hasard, si la 1ère boutique des Parfums de Rosine comme la dernière ont été au Palais Royal. C’est un véritable clin d’oeil à son amour pour les jardins. Et comme me le soulignait Louis, “Il y a beaucoup de roses dans le Jardin du Palais Royal”. Un écrin que Marie-Hélène affectionnait tout particulièrement.

 

 

D’ailleurs, j’ai retrouvé des notes où elle m’avait raconté que “La Rose de Rosine” était inspirée de la rose “Papa Meilland” qu’elle cultivait. Un Zeste de Rose venait de “Guirlande d’Amour“, une autre rose de son jardin. Quant à Glam Rose, il prenait sa source dans la rose “Variegata di Bologna”. Cet amour de la rose, elle le partageait avec ses parfumeurs qui vénèrent cette fleur.

“Nous échangions beaucoup sur le sujet des roses. Et même, on s’appelait et j’allais sentir immédiatement la rose, dont elle me parlait, et qui l’enchantait” me confie François, ayant lui-même une collection dans son jardin du Vexin. De son côté, Remi Ricord, me racontait qu’ils s’envoyaient des photos de leur rose, où autres plantes à parfum respectif. Des échanges remplis de passion commune et d’enthousiasme. Une vie dédiée aux roses !

 

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