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Posted by on Avr 9, 2014 in BettinaScope, Expos-Musées | 0 comments

Anosmie : vivre sans odorat, une exposition à Bordeaux

Anosmie : vivre sans odorat, une exposition à Bordeaux

La société parle des gens des aveugles, des sourds, mais pas des gens qui ont perdu l’odorat, les anosmiques. Pourquoi ? Que veut dire et quelles sont les conséquences qu’entraînent la perte de ce sens, méprisé et pas éduqué. Toutes ces questions, Elénore de Bonneval, photographe-journaliste, y a réfléchi et propose une exposition du 10 avril au 2 mai 2014, au centre François-Xavier Michelet, du CHU de Bordeaux, Place Amélie Raba-Léon.

Anosmie : vivre sans odorat, c’est le thème d’une exposition inédite, que les londoniens ont déjà vu et qui s’ouvre le 10 avril, au centre François-Xavier Michelet, du CHU de Bordeaux, Place Amélie Raba-Léon. Un Anosmie Vivre sans odorantdéfi, qu’Eléonore de Bonneval, photojournaliste, a relevé. On a tous été victime un jour d’un rhume. Vous souvenez-vous que vous étiez tout d’un coup, privé de toutes sensations olfactives et gustatives ? Eh bien, cet état passager que vous avez vécu, c’est le quotidien des gens qui ont perdu l’odorat, les anosmiques.

Anosmie, vivre sans odorat, c’est aussi une table ronde « L’odorat au quotidien, avec ou sans ? » qui aura lieu le 10 avril 2014, à l’Athénée Municipal de Bordeaux de 18h – 20h en présence du Professeur Ludovic Le Taillandier de Gabory, Praticien hospitalier en Rhinologie, chirurgie des sinus, professeur des universités CHU de Bordeaux, de Francois Adamski, Chef Etoilé du restaurant ‘Gabriel’ Meilleur Ouvrier de France | Bocuse d’Or 200 1, du Professeur Gilles de Revel, Directeur des formations Institut des Sciences de la Vigne et du Vin, d’Evelyne Boulanger, Parfumeur chez Symrise, créatrice (Patchouli Patch pour L’Artisan Parfumeur, White Musk for Men pour Body Shop, First Eau de Parfum Intense pour Van Cleef & Arpels) et d’ Eléonore de Bonneval, photojournaliste et auteur de l’exposition “Anosmie, vivre sans odorat”.

Cette exposition va être diffuser par le RADIO CHU de Bordeaux dans le cadre de son dixième anniversaire et après… cette exposition à vocation à être itinérante et à parcourir la France et le Monde. Peut-être bientôt près de chez vous!

Qu’est ce que l’anosmie ? le nez perdu

Anosmie : de « a » privatif et du mot grec « osmomê » qui veut dire odeurs, ce mot signifie la perte de l’odorat pure et simple. C’est une maladie étrange et méconnue, dont on ne parle peu ou pas.

C’est là que l’on découvre toutes les tribulations du verbe « Sentir » que je vous invite à découvrir dans un de mes articles en cliquant ici. Vous prendrez conscience que ce verbe est d’une richesse inoüie et de la multiplicité de ses significations.

L’anosmique, en perdant son odorat, a perdu non seulement son nez mais il a surtout perdu un moyen de communication essentiel. Il a perdu un langage qu’il utilisait chaque jour sans en avoir vraiment conscience. Il a perdu la quatrième dimension, dimension jusqu’alors cachée d’un espace invisible, cet espace qui relie entre eux les objets. C’est ce qu’on appelle en orient, le « ma » japonais, ou l’espace intercalaire. Il s’agit très exactement de l’espace olfactif.

Une exposition interactive

L’anosmie est à l’odorat ce que la cécité est à la vue, ou la surdité à l’ouie. Perdre son odorat, c’est perdre l’essentiel des saveurs alimentaires de la vie quotidienne. Comme le rappelle Eléonore « le goût se résume exclusivement en sucré, salé, acide et umami (un terme en japonais désignant l’une des 5 saveurs fondamentales pouvant être identifiées par le goût).

Perdre son odorat, c’est perdre le rôle important qu’il joue dans les interactions sociales et sa perte peut avoir d’importantes conséquences psychologiques et physiologiques. Bien que des recherches sur l’anosmie soient en cours, peu sont sensibles au réel impact de l’anosmie sur le quotidien des victimes de cette maladie.

Eléonore invite le visiteur dans un premier temps à un voyage olfactif. Tous ces sens y seront sollicités et en particulier l’odorat et le goût pour mieux prendre conscience de ce que signifie, perdre son odorat. La découverte olfactive se fera grâce à un système de diffusion mis au point par la société Scentys. Les accords olfactifs sont developpés par Evelyne Boulanger, parfumeur chez Symrise.

Puis, le visiteur, découvrira le monde des anosmiques au travers d’une série de portraits. L’ensemble de la scénographie est conçue par Charles Boulnois.

Des témoignages poignants

Pour Duncan Boak de Leeds, c’est à la suite d’une blessure à la tête qu’il est hospitalisé pendant une semaine et a perd un cinquième de sa capacité à profiter de la vie. Plus rien n’est aussi riche, agréable ou exaltant qu’avant. Il se sent coupé du monde qui l’entoure. Pour lui, c’est comme vivre la vie derrière une vitre en permanence. Voilà, 8 ans qu’il est coincé dans cette boîte de verre.

Pour Francine Dorvilma de L’Hay-les-Roses, en France, la cuisine était devenue son ennemie. Ayant perdu sa capacité à goûter, elle devait s’en tenir à des plats simples : riz et pâtes étaient devenus son alimentation quotidienne ainsi que celle de son fils. Francine se sentait exclue de la société. Elle ne pouvait pas sentir sa peau, ni son propre corps. Elle avait l’impression de ne plus exister. Il lui aura fallu six ans avant d’être opérée des polypes. Six ans sans sentir, ce fut long : c’était l’âge de son fils William.

Qui est Eléonore de Bonneval ?

Eléonore a toujours été passionnée par le monde des odeurs. « Ses souvenirs, ce sont toutes les odeurs de la campagne où elle a vécu » me confie t-elle. Elle évoque les odeurs de sous-bois de la forêt, l’herbe coupée lorsque son frère coupait le gazon, l’odeur des vieilles pierres ou encore de la lavande. Cette dernière aime la bonne chair, et a été élevée dans un environnement où son sens olfactif a été stimulé. Jeune, elle lisait la presse féminine et toutes les descriptions olfactives de tous les nouveaux parfums. Donc, au moment de choisir sa voix, celle des odeurs est apparue comme une évidence. Eléonore fait l’ISIPCA et une école de commerce. Après quelques années passées dans le parfum à Londres, Eléonore décide de se tourner vers la photo et le journalisme en faisant la London School Communication en photojournalisme et photodocumentaire.

C’est grâce à son professeur John Easterby, très à l’écoute de ses élèves, qu’elle se penche sur l’anosmie. Comme elle le souligne « Une photographe qui cherche à photographier l’absence et de surcroit des odeurs cela semble assez peu vraissemblable… Cela peut paraître surprenant pourtant ce ne sont pas juste des photos, ce sont des témoignages. L’anosmie est un handicap dont on parle très peu, notamment parce que l’on ne considère pas suffisamment l’importance du sens olfactif dans notre quotidien. Les photographies sont donc présentées dans le cadre d’une exposition interactive et polysensorielle où les visiteurs sont invités à prendre conscience du rôle joué par ce sens invisible et muet ».

 

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